Peu de mots cette semaine, passons tout de suite aux choses sérieuses, soit quelques coups de coeur et coups de gueule, résultant de quelques dégustations récentes. Il n’y a pas de ligne directrice, on saute plutôt du coq à l’âne, ou plutôt, pourrait-on dire, du frappato à la roussanne, du cousu main à l’usine, ou du Chili à la Gascogne.
En blanc…
Montgras, Amaral, Leyda valley 2011, Code SAQ : 11464345, 16,95$
Cépage : sauvignon blanc
C’est une tendance chilienne que d’apposer l’expression «cool climate» sur les bouteilles de vins issus de régions fraîches. On veut par là marquer le fait qu’on risque sur ces bouteilles de tomber sur des vins moins solaires, jouant sur le registre de la fraîcheur et de la buvabilité plutôt que sur le tannique et le confit des régions torrides que nous connaissons mieux. On parle par là des régions de San Antonio, Limari, Bio Bio et celle-ci Leyda, près de la côte pacifique de la splendide ville de Valparaiso. Moi, ce qui m’intéresse, c’est ce que goûte le vin. Que je lise ou non le mot «cool» sur l’étiquette. Au nez, ce sauvignon blanc sent exactement ce qui me déplaît parfois de ce cépage. L’asperge. D’autres parleront moins élégamment de pipi de chat. Un petit côté beurre fondu aussi. Entendons nous pour dire qu’il sent les asperges nappées de beurre fondu. C’est plus invitant. La bouche est vive, un brin minérale. On y goûte le fruit exotique, des agrumes, du melon. On ne retrouve pas le beurre décelé au nez. Une vive acidité marque plutôt la finale, et en est presque piquante. Pour les amateurs de sauvignon blancs très typés. Un très bon apéro, ou pour accompagner les crustacés. Ne vous étonnez pas de ne pas le voir tout de suite sur les tablettes du monopole : un arrivage est prévu pour les prochains jours.
Note : 7,5/10
Château Thieuley, Bordeaux 2011, Code SAQ : 10389208, 17,60$
Cépages : sauvignon blanc (35%), sauvignon gris (15%), sémillon (50%)
Le nez est légèrement marqué par des arômes typiques du sauvignon, comme l’asperge, qui s’estompent après quelques minutes d’aération. Puis on découvre des notes florales, vanillées, et de papaye. La bouche est toute en fraîcheur. Légèrement beurrée, d’un fruité rappelant la mangue, la papaye et le kiwi. Marquée par une belle minéralité. Un beau bordeaux blanc pour les plateaux de fruits de mer, mais pas les huîtres, car malgré son acidité, il demeure trop fruité pour le huitres.
Note : 7,5/10
Château Villerambert Julien, Minervois 2011, Code SAQ : 00918730, 18,30 $
Cépages : roussanne (50%) viognier (50%)
Comme on peut s’y attendre de ces cépages blancs donnant généralement des vins charnus, ça sent le fruit mur. Fruit exotique comme l’ananas, la mangue et l’orange, mais aussi la bonne compote de pomme maison. Un petit côté métallique se hisse aussi jusqu’à nos narines. La bouche est ample, grasse, beurrée, mais à la fois subtile. Des arômes de melon miel, de thé vert, d’épices. Un seul bémol, une légère sensation de sucrosité en fin de bouche alourdit légèrement l’ensemble, mais ça reste léger comme défaut, et puisque c’est un vin de gastronomie, bien accompagné, on en tirera plutôt profit. Je le verrais même accompagner un foie gras poêlé ! Sinon, des poissons ou volailles en sauce à la crème.
Note : 7,5
En rouge…
Vignerons du Brulhois, Château Grand Chêne, Côtes du Brulhois 2008, Code SAQ : 10259770, 17,25 $
Cépages : cabernet franc (40%), tannat (30%), merlot (20%), cabernet sauvignon (10%)
Le Brulhois est une petite région du Sud-Ouest de France, aux confins de la Gascogne. On y cultive des cépages donnant des vins puissants et tanniques. Celui-ci n’y fait pas exception. Ce vin sent la cerise noire dans le kirsch et le chocolat. On croirait humer un gâteau Forêt noire ! On décèle aussi des notes de torréfaction, et un léger boisé. En bouche, on prend la mesure de la charpente que lui procurent le tannat et le cabernet sauvignon ! Mais les tannins, quoi que bien présents et serrés, sont élégants. Ça goûte le fruit noir, c’est épicé, minéral, et doté d’une belle fraîcheur. Une pointe d’acidité marque la finale. Je crois que ce vin pourrait passer quelques années en cave, pour en arrondir les angles. Si vous le buvez maintenant (sur un magret de canard !), carafez-le.
Note : 7,5/10
Montgras, Quatro, valle de Colchagua 2011, Code SAQ : 11331737, 17,95$
Cépages : cabernet sauvignon, carménère, syrah, malbec
Un nez animal, de cuir, d’olives et de fruits noirs. La bouche est fumée, longue, mais dotée de tanins un brin verts. Très épicé, le Quatro est d’une agréable fraîcheur, mais le fruit noir, bien que se révélant lentement après quelques minutes d’aération, gagnerait à être plus présent.
Note : 6,5/10
Mas Amiel, Notre Terre, Côtes du Roussillon Villages 2009, Code SAQ : 10779804, 21,85$
Cépages : grenache, carignan, syrah
Cette maison réputée pour ses vins doux naturels comme le Maury, y va aussi de ce vin «sec» qui dégage au nez des arômes de plantes et d’herbes de la garrigue. Mais aussi de bleuets confits et de tabac. La bouche est puissante et chaude. 2009 était une millésime solaire et ça paraît, puisqu’on titre à 15% d’alcool. Mais il y a aussi du fruit noir, très mur, du chocolat noir, des épices comme la cannelle, et tout de même, on détecte une certaine fraîcheur. C’est un vin gourmand, un brin racoleur, à boire avec un repas. Un gigot d’agneau aux herbes par exemple.
Note : 7,5/10
Azienda Agricola COS, Frappato, Sicilia i.g.t. 2011, Code SAQ : 11695004, 24,70 $
Cépage : frappato
COS, c’est l’acronyme des noms de famille des trois fondateurs de la maison sicilienne : Giambattista Cilia, Cirino Strano et Giusto Occhipinti. Pour ceux que cela intéresse, ce dernier est l’oncle d’Arianna Occhipinti, jeune vigneronne chouchou du courant des vins natures. Le frappato est un cépage autochtone qui détonne de l’habituel nero d’Avola que nous connaissons bien sur cette île. Il détonne par sa fraîcheur, sa finesse. Au nez, ça sent un brin la cendre, les herbes, la prune. Un nez qui à l’aveugle, est loin de nous transporter en Sicile, étant donné nos références. J’aurais même misé sur un chinon. Enfin… La bouche est délicate, élégante. Un fruité subtil rappelant les mures, des épices douces, le poivron rouge grillé. Des tanins quasi-imperceptibles. Ça se boit et se reboit sans se poser de question, et la première chose qu’on sait, c’est que la bouteille est vide. Sur des pâtes aux tomates, des charcuteries, des aubergines grillées.
Note : 8/10
Domaine du Meix-Foulot, Mercurey, premier cru Les Veleys 2008, Code SAQ : 11195270, 32 $
Cépage : pinot noir
Il reste hélas peu de flacons de ce joli bourgogne en succursale, mais je vous invite, si vous n’habitez pas près d’une de celles en ayant encore sur ses rayons, à le commander via le site Web du monopole. Voilà un bourgogne issu d’une appellation prestigieuse, Mercurey, un premier cru en plus, et vendu à prix raisonnable. 2008 n’a pas été encensé par la critique. Et après ? Au contraire, voilà l’occasion de vous procurer une bonne bouteille qu’il ne vous fera pas mal au cœur de déboucher dans sa jeunesse. Parce que c’est déjà très bon. Au nez, ça sent le sous-bois, la rose, le fruit rouge compoté et acidulé, comme la canneberge. La bouche est d’un remarquable équilibre entre le fruit, l’acidité, la minéralité craquante, et des tanins soyeux. Délicat, savoureux, gouleyant, et complexe. Que demander de mieux ? Pour accompagner des viandes délicates, que vous éviterez de trop assaisonner ou de noyer dans la sauce, ce qui gâcherait votre vin.
Note : 8,5/10
